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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 11:58

Demain, peut être une greffe (temporaire) d'utérus sera cliniquement possible et permettra une grossesse. Demain peut-être...

 

« Greffes : un espoir pour les femmes sans utérus »
Extrait de la revue de presse médicale Mediscoop

 

Libération note sur une double page qu’« alors que des Suédois ont réalisé les deux premières transplantations de cet organe, une équipe française, à Limoges, enregistre des avancées ».

Le journal relève ainsi que « fin novembre, pour la seconde fois, des chirurgiens ont prélevé un utérus sur une femme en état de mort cérébrale. Et cela s’est passé parfaitement ». Le Dr Pascal Piver, responsable de l’assistance médicale à la procréation au CHU de Limoges, déclare : « Tout notre programme se déroule comme prévu ». Libération observe que « si un jour, en France, une greffe d’utérus se fait, ce sera chez eux, à Limoges, dans leur petite équipe, bien loin des stars parisiennes ». Le Dr Tristan Gauthier, du CHU de Limoges, note quant à lui que « l’avantage des transplantations d’utérus est qu’elles s’adressent à des patientes jeunes et en bonne santé. De plus, ce sont des greffons temporaires puisque destinés à être retirés après la grossesse ».

Le journal s’interroge : « Bien des questions éthiques se posent. Greffer certes, mais quelles femmes ? ». Le Dr Piver précise : « On en discute beaucoup entre nous. On s’orienterait plutôt vers des anomalies congénitales. Ou des hystérectomies liées à des cancers pas trop graves, car il y a toujours un risque que le cancer ne redémarre. […] Les choses avancent. Dans les 5 ans, on saura si on arrive à une naissance. Dans notre région, nous avons déjà une dizaine de patientes susceptibles d’en bénéficier ».

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 12:15

Un bel article trouvé chez In the Waiting Line mais je partage car on n'en parle pas assez souvent, de cet autre côté du miroir. Ce triste autre côté...

 

Paru dans Libération le 11 novembre 2011

www.liberation.fr/societe/01012370824-de-l-autre-cote-du-miroir-les-berceaux-vides-de-la-fecondation-in-vitro

 

Société

De l’autre côté du miroir, les berceaux vides de la fécondation in vitro

Par Geneviève Delaisi de Parceval Psychanalyste et Jacques Milliez Obstétricien, professeur des universités

 

Il n’est pas de commentaires assez élogieux pour célébrer les succès de l’assistance médicale à la procréation (la fécondation in vitro, la FIV, avec ses embryons congelés ou le diagnostic préimplantatoire) et ses enfants du miracle. Nul ne peut contester qu’il s’agit là d’une brillante mutation de la biologie de la reproduction de la fin du siècle dernier, et que Robert Edwards mérite bien le prix Nobel de médecine qui lui fut attribué en 2010.
Des images largement diffusées d’embryons artificiellement fécondés, magnifiés par le microscope, à celles de fœtus suçant leur pouce, en passant par les naissances de bébés «éprouvette» aux parents rayonnants, tous les ingrédients médiatiques ont été réunis pour faire chavirer les cœurs. La philosophie a apporté son grain à moudre à propos de cet embryon «nouveau», conçu hors du corps de la mère : est-ce un bébé potentiel ? Est-ce son ADN humain qu’il faudrait respecter? Ou s’agit-il d’un simple amas de cellules ?

 

On aurait mauvaise grâce à briser le rêve, surtout en ces temps incertains où les bonnes nouvelles n’abondent pas. Mais si, pour une fois, on regardait quand même le revers de la médaille ? Il faut savoir que, pour ce qui est de la FIV, le bonheur se mérite et parfois durement. Les traitements d’induction de l’ovulation, la disponibilité qu’ils exigent, les interminables trajets dans les embouteillages et/ou à potron-minet, les arrêts de travail, la fatigue, la douleur, les problèmes sexuels de couples dont la vie intime est entamée par les investigations et traitements en tous genres, les sacrifices financiers… tout cela a un coût. Et au bout du compte l’espérance, si légitime et si fragile, à la fois force et leurre, mobilise une telle densité d’énergie qu’elle prend de terribles coups de boutoir, sauf pour les mieux armés, du fait des échecs pourtant prévisibles de ces traitements.

Au final, la réalité est rude : dans le domaine de la FIV, les échecs surpassent largement les succès. Ce n’est pas une critique, mais une information. Les dernières statistiques publiées par l’Agence de la biomédecine indiquent que pour un total de 122 056 tentatives d’assistance médicale à la procréation (AMP), toutes techniques confondues, 20 657 enfants sont nés vivants en 2007. C’est beaucoup, sans doute, mais ce taux de succès pose question car il ne dépasse pas 20% dans les meilleures indications (il est d’un sur cinq). Et on ne peut que constater qu’en fin de parcours, 80% des patientes repartent sans enfants. C’est loin, reconnaissons-le, d’être la panacée que l’on met volontiers en exergue.

S’ajoute à tout cela - pour les femmes en premier lieu - la pression du temps qui passe ; la fameuse horloge biologique tourne implacablement. Or, en France, les tentatives d’AMP prises en charge par l’assurance maladie sont au nombre de quatre, pas plus. Après 43 ans les chances de grossesse, hors don d’ovocytes, rejoignent celles de la fécondité naturelle, à savoir zéro ou presque, donc plus question d’AMP, sauf recours à un don de gamètes. Or il y a trois ans d’attente en France pour bénéficier d’un don d’ovocyte !

Ce n’est donc pas par hasard que des cliniques, à l’étranger, offrent à prix d’or des ovocytes à des couples français, involontaires «touristes» de la procréation, avec un taux de grossesse annoncé de 60%. Chiffres un peu trop accrocheurs, à prendre avec précaution. Car ces taux de fécondation et le nombre d’enfants nés vivants (à peu près trois fois moindre) rejoignent en réalité les données connues, qui sont les mêmes à peu près partout.

 

Loin de se définir par la fécondation, un début de grossesse après une FIV ne commence en effet que quinze jours après le transfert de l’embryon dans l’utérus, à la nidation. Et la vraie réussite ne se mesure qu’au retour à la maison avec des bébés bien portants. Le succès consiste aussi à n’avoir qu’un ou deux bébés, mais pas plus. Plus nombreux sont les embryons transférés dans l’utérus, plus importantes sont les chances de grossesse, mais plus grands sont aussi les risques de grossesses multiples. Il en résulte autant d’enfants exposés aux possibles handicaps, éventuellement sévères, liés à la prématurité. Avec parfois le terrible dilemme de la réduction embryonnaire : en éliminant in utero les embryons «en trop», celle-ci permet de n’en garder que le «juste» nombre ; lesquels choisir alors ? Et s’il n’en restait aucun, au bout du compte, à cause d’une fausse couche provoquée par le geste de la «réduction» (horrible vocable…) ?

Sur ce point le taux de grossesses multiples des centres français d’AMP - au-dessus de 15% - n’arrange pas le tableau. Chez nos voisins, scandinaves, belges ou britanniques, la politique est de ne transférer - sauf exception - qu’un seul embryon, ce qui a permis de ne pas dépasser l’incidence naturelle des grossesses multiples. C’est moins glamour, mais beaucoup plus prudent.

 

Si l’on regarde bien de l’autre côté du miroir, force est de s’interroger : combien de laissés-pour-compte, combien de ruptures de couples durant l’AMP ? Comment panser les blessures narcissiques des patients pris dans ce maelström médical ? Ceux qui sont restés au bord de la route ont le sentiment d’être les mauvais élèves de l’AMP. «Nous sommes de mauvaises répondeuses», disent souvent les femmes ! Comment les aider à faire leur deuil d’un projet parental tellement investi ?

 

La récente loi de bioéthique du 7 juillet 2011 préconise le renforcement de la prise en charge psychologique des couples traités par AMP. Mais cela restera un vœu pieux tant qu’une aide concrète ne leur sera pas proposée. Il est essentiel de fournir en premier lieu une information correcte. Puis de proposer une prise en charge de l’angoisse que ressentent les couples engagés dans ce parcours du combattant. Faute de quoi, ces patients continueront de ressasser en boucle leur échec ainsi que leur sentiment de dévalorisation et de culpabilité. Alors que, on l’a vu, c’est souvent la technique elle-même qui est en cause ! Sans vouloir brider ni briser l’engouement pro-FIV ni démystifier la magie de l’éprouvette, le temps semble venu d’allumer quelques clignotants de précaution pour s’éviter de trop cruelles désillusions. Les cicatrices sont profondes quand, après la FIV, les berceaux restent vides.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 11:22

Une mauvaise nouvelle pour les patientes atteintes de Sclérose en Plaques et infertiles...  Espérons qu'au moins elles parviennent à avoir un enfant au passage...

 

Chez les femmes, les techniques d’AMP peuvent augmenter l’activité d’une sclérose en plaques

apmnews.com 24/10/12

Selon une étude à paraître dans Annals of Neurology et réalisée par l’équipe du Dr Jorge Correale de l’Institut Raul Carrea pour la recherche biologique neurologique à Buenos Aires, "les femmes atteintes d’une sclérose en plaques (SEP) qui suivent un traitement de l’infertilité par une technique d’assistance médicale à la procréation (AMP) ont un risque d’activité accrue de la maladie".
Afin de connaître les effets exacts des techniques d’AMP chez les femmes atteintes d'une sclérose en plaques, l’équipe du Dr Jorge Correale "[a] conduit une étude prospective auprès de 16 patientes recevant 26 cycles de traitement, avec des agonistes de la GnRH et de la FSH recombinante" et "les patientes ont été suivies un an avant le premier cycle et neuf mois après le dernier". Selon les résultats, "les trois quarts d’entre elles ont connu des poussées, correspondant à 58% des cycles dans les trois mois suivant le traitement. Dans 27% des cas, il s’agissait d’une aggravation de symptômes pré-existants et dans les 73% restant, c’était de nouvelles poussées". Enfin, "globalement, l’activité de la SEP à l’IRM était multipliée par neuf avec les traitements d’AMP" et les chercheurs ajoutent que "les analyses biologiques réalisées suggèrent que les hormones sexuelles jouent un rôle important dans la régulation de la réponse immunitaire".

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 23:30

Le débat continue et les champs de discussion sont innombrables... Si seulement cela pouvait faire avancer les choses pour permettre, par exemple, que la Gestation pour Autrui soit enfin autorisée en France. Même si j'ai tendance à penser qu'il faut que la PMA reste possible pour raisons médicales et non sociétales. Mais peut être que les associations de gays et lesbiennes, mieux structurées et plus offensives que les infertiles silencieux que nous sommes, sauront, eux faire avavncer et progresser le débat ? 

 

Adoption pour tous: qu'en est-il pour les enfants issus d'une PMA ou nés d'une mère porteuse?

 

Dans le cadre du débat actuel relatif à la loi ouvrant l'adoption aux époux de même sexe, la journaliste Laurence Neuer s'interroge, sur le site internet de l'hebdomadaire Le Point, sur ce qu'il en est au regard du droit actuel pour les enfants issus d'une technique de PMA ou nés d'une gestation pour autrui.

En précisant que "les techniques de procréation médicalement assistée(PMA) permettent la procréation en dehors du processus 'naturel' ", Laurence Neuer rappelle que "selon la loi de bioéthique révisée en 2011, ces techniques sont réservées aux couples formés d'un homme et d'une femme 'vivants, en âge de procréer', et sont destinées à remédier à une infertilité 'dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué' ou à éviter la transmission à l'enfant ou à un membre du couple d' 'une maladie d'une particulière gravité' ". Par conséquent, s'il découle de cette loi que "les célibataires et les couples de même sexe ne peuvent [...] légalement en bénéficier", elle souligne que "la loi ouvrant l'adoption aux couples mariés de même sexe posera immanquablement la question de l'accès de ces couples à la PMA". 

Pour expliciter son propos, la journaliste prend l'exemple "d'une femme se rendant en Belgique pour y faire pratiquer une IA [insémination artificielle] l'objectif étant dans un second temps de faire adopter son enfant par sa conjointe". Si "sur le papier, cela est possible", la Cour de cassation pourrait considérer, comme cela a déjà été le cas: soit qu'il y a "détournement d'institution" car "l'adoption repos[e] sur une PMA de convenance destinée à se passer d'un  père géniteur", soit, "dans le cas d'une demande d'adoption présentée par la concubine de la mère ", que l'adoption n'[est] pas dans l'intérêt de l'enfant, parce qu'elle [prive] la mère de l'autorité parentale".
Intérrogée à ce propos, la juriste Aude Mirkovic souligne que "si la loi autorisait la PMA au profit des personnes de même sexe, la parenté serait alors déconnectée de sa composante biologique, puisque ces personnes ne peuvent par définition engendrer ensemble. Dans cette perspective, le parent serait celui qui désire l'enfant, l'éduque, et non plus celui qui a engendré l'enfant, que ce soit de façon réelle ou symbolique comme en cas d'adoption ou de don de gamète". 

S'interressant ensuite à la question de la gestation pour autrui (GPA), la journaliste précise que l'enfant est ici conçu "soit par insémination artificielle, avec le sperme du demandeur, soit par FIV [ndlr: fécondation in vitro] avec implantation d'un embryon". Interdite en France, la GPA est cependant autorisée dans d'autres pays qui s'en remettent alors, pour ses conditions d'application, au contrat qui a donné lieu à la GPA ou à la loi. Lors de sa campagne présidentielle, François Hollande "avait affirmé son refus de légaliser la GPA, s'opposant à 'toute marchandisation du corps humain' ". 
Mais la journaliste s'interroge: "que se passera-t-il lorsqu'un homme voudra adopter l'enfant de son conjoint né d'une mère porteuse étrangère?". Si "sur le papier, l'enfant est adoptable dans la mesure où la mère porteuse a renoncé à ses droits parentaux", il s'avère que" jusqu'à présent, la Cour de cassation a refusé l'adoption de l'enfant né d'une mère porteuse par la conjointe du père, en raison du détournement d'institution que cette opération réalise". Ainsi, "il n'y a a priori aucune raison pour qu'elle rende une solution différente dans le cas de l'adoption de l'enfant du père par son conjoint". Pour la juriste Aude Mirkovic, "l'adoption a pour but de donner une famille à un enfant privé de la sienne, et non de fabriquer un enfant pour une famille qui n'en a pas". 

 

 

Lepoint.fr (Laurence Neuer) 21/11/12

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 10:01

Désespérement oubliés ! Les infertiles et les difficultés de procréation sont encore une fois oubliés, occultés des débats ! Je comprends qu'on puisse être "pour" ou "contre" la recherche sur l'embryon pour des raisons disons éthiques, mais dans tous ces débats, on ne pense jamais que la recherche sur l'embryon ouvrirait aussi des perspectives pour mieux connaître celui-ci, mieux comprendre comment et pourquoi il s'implante et se développe (ou pas...). Bref que cela n'ouvrirait pas seulement des voies potentielles (les débats scientifiques sur l'intérêt relatif des cellules souches embryonnaires et des cellules souches dites iPs ou reprogrammées font rage et sont d'actualité avec l'attribution du Nobel de Médecine à Gurdon et Yamanaka ce mois ci) en matière de thérapie cellulaire ou médecine régénérative mais aiderait aussi tous les couples infertiles ! Et que tous les embryons surnuméraires qui ne font plus l'objet d'un projet parental pourrait aider les couples infertiles, certes en étant donnés en tant qu'embryon pour un transfert, mais aussi en faisant avancer la recherche sur ce qui reste un grand mystère.
Serions nous si invisibles malgré le poids des stat qui assurent que de plus en plus de couples connaissent l'infertilité ? La France continuera-t-elle éternellement à interdire ce qui pourrait aider nombre d'entre nous (recherche sur l'embryon, gestation pour autrui...) ?

La découverte du professeur Yamanaka rend caduque la recherche sur l’embryon humain"

Dans une tribune du quotidien Le Figaro,Alain Privat, professeur de neurobiologie à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), ancien directeur d'unité à l’Inserm et membre correspondant de l'Académie de médecine, "réagit à la récente décision du Parlement de réexaminer la législation relative à la recherche sur l’embryon humain". Ainsi, le neurobiologiste s’oppose au soutien du gouvernement concernant la proposition de loi visant à autoriser la recherche sur l’embryon humain, soutien marqué par le discours de la ministre de la recherche lors de la discussion générale au Sénat le 15 octobre dernier.
Pour le professeur de neurobiologie "une mise au point s’impose". En effet, "la remise du prix Nobel au professeur Yamanaka pour sa découverte des cellules souches reprogrammées (iPS) a déclenché une manœuvre de récupération par les promoteurs de la recherche sur l’embryon humain", ajoutant qu’ "il est vrai que ceux-ci peuvent se sentir fragilisés puisque leurs recherches avancent si peu au regard de la révolution des iPS et des résultats thérapeutiques prometteurs apportés par les cellules souches non embryonnaires".
Alors que "certains prétendent que les travaux couronnés par le prix Nobel cautionnent la recherche sur l’embryon humain", Alain Privat précise que "c’est tout le contraire.
L’amalgame qui est fait entre cellules souches et cellules souches embryonnaire est fallacieux. La découverte du Pr Yamanaka a ouvert une nouvelle voie : une cellule adulte spécialisée peut être ramenée au stade indifférencié et ensuite dirigée de façon à donner naissance à tous les tissus d’un organisme !". De fait, pour Alain Privat, "la découverte du Pr Yamanaka rend caduque la recherche sur l’embryon humain et pointe les errances stratégiques de la recherche française : faire de l’embryon humain à tout prix".
En second lieu, il précise qu’ "utiliser la découverte de Yamanaka pour soutenir l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain alors que lui-même s’est imposé de ne pas y recourir pour des raisons éthiques, c’est non seulement trahir son travail et son génie, mais c’est se tromper de méthode". Il ajoute : "si le Pr Yamanaka avait suivi la voie prôné par les scientifiques français promoteurs de la recherche sur l’embryon, il n’aurait pas fait cette découverte dont l’objet est précisément de soigner SANS recourir à l’embryon".
Poursuivant en précisant que "d’autres [encore] brandissent l’accusation du retard de la recherche française en raison de l’obstination à interdire la recherche sur l’embryon et du conservatisme de notre pays", le Pr Alain Privat explique au contraire que "ce sont précisément les partisans obstinés de la recherche sur les cellules souches embryonnaires qui sont responsables du retard de la France. Les agences de recherche française ont pris un retard de plusieurs années dans le financement des recherches impliquant des cellules iPS comme celles qui ont été récompensées par le prix Nobel".
Enfin, le professeur Alain Privat relève qu’un dernier argument est avancé par les "tenants du ‘tout-embryonnaire ", et selon lequel : "les cellules iPS sont, certes, intéressantes, mais les cellules souches embryonnaires humaines resteraient la mesure étalon, le standard de référence". Ceux-ci ajoutent que le Pr Yamanaka lui-même aurait utilisé des cellules souches embryonnaires pour parvenir à sa découverte". Pour le neurobiologiste, cette information est volontairement donnée de façon incomplète ". En effet, en 2006, dans sa première publication sur les cellules souches animales, [le Pr Yamanaka a utilisé des cellules souches embryonnaires animales, non humaines"et "en 2007, dans sa deuxième publication sur les cellules souches humaines, il n’a pas non plus utilisé d’embryons humains".
Par conséquent, pour le Pr Alain Privat, "il est assez incompréhensible que l’on se serve encore de cellules souches embryonnaires comme ‘gold standard’ pour évaluer les iPS. Les cellules souches embryonnaires humaines sont historiquement la comparaison de référence (initialement, faute d’alternative). Aujourd’hui, la situation a changé". En effet, "les recherches les plus récentes montrent[…] que les iPS sont largement supérieures aux cellules souches embryonnaires, notamment pour modéliser des maladies et tester des molécules au profit de l’industrie pharmaceutique". En outre, pour ce qui est des greffes "elles n’imposent pas de recours à un traitement immunosuppresseur", et "les risques de tumorisation allégués par les opposants se sont révélés égaux, voire inférieurs, à ceux des cellules embryonnaires".
Ainsi, le Pr Alain Privat avertit : "la France, si elle venait à faciliter encore davantage la recherche sur l’embryon humain par une disposition législative idéologique, enverrait au monde un message de négation de l’éthique et d’anachronisme scientifique".

Le Figaro (Alain Privat) 20/10/12

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 14:30

Une étude qui tente de cerner les problèmes éthiques soulevés par le tourisme reproductif. Certes. Mais si tout ceci était autorisé et donc mieux encadré (pour le bien de tous, enfant, parents, femme) et régulé, tout serait sans doute plus simple.

Parce que quand la Nature (DNLP si tu passes par là...) ou les aléas de la vie (Distilbène et autres) vous empêchent de démarrer / mener à bien une grossesse, on fait quoi ? On attend 50 ans que, peut-être, un utérus artificiel genre super-couveuse longue durée soit inventé ?? Hein on fait quoi quand on parvient à fabriquer des mini-nous à partir des nos gamètes mais qu'ensuite ça coince pour les faire devenir des vrais beaux bébés pleins de vie ?

J'avais été très impressionnée (positivement) il y a quelques mois en découvrant le site Surrogacy UK et les blogs de quelques femmes qui font, pour d'autres moins chanceuses, ce très beau geste de porter un enfant. Alors oui, il s'agissait là de femmes d'Amérique du Nord ou de Grande Bretagne, tout à fait éduquées et bien dans leur vie, et il y a sans doute des dérives à prévenir quand cela se passe avec des femmes de pays moins développés qui voient là seulement un moyen de subsistance et non un geste de solidarité. Mais, b... de m..., pourquoi la loi n'avance pas dans tant de pays, ouvrant ainsi la porte à toutes les dérives possibles, à commencer par la France, si souvent en retard sur ces questions ?

 

"Tourisme reproductif" : une étude soulève les enjeux éthiques du recours aux mères porteuses dans les pays pauvre.

 

Le Journal of Medical Ethics relaye l’étude du professeur Raywat Deonandan et deux de ses étudiants de l’Interdisciplinary School of Health Sciences à l’Université d’Otawa, qui expose les enjeux éthiques liés à l’apparition et au développement très rapide du "tourisme reproductif " et des problèmes éthiques qu’il engendre.

L’auteur revient sur la définition du "tourisme reproductif" qui est "un phénomène par lequel les personnes traversent les frontières pour acheter des ‘technologies de reproduction assistée’ […], [et qui représente] aujourd’hui une industrie de plusieurs milliards de dollars". Le Pr Raywat Deonandan précise que le phénomène est particulièrement inquiétant dès lors que "des citoyens des pays riches (comme le Canada et les USA) vont jusque dans les pays pauvres (particulièrement l’Inde) pour acheter les services de mères porteuses". En Inde, "l’industrie du tourisme reproductif" est évaluée entre 500 millions et 2,3 milliards de dollars.

Parmi les enjeux éthiques soulevés dans l’étude, le journaliste retient "les tensions entre l’éthique des affaires et l’éthique médicale comme étant au cœur de la problématique éthique de l’industrie ", relevant une définition du "consentement éclairé" trop restrictive. En effet, "lorsque des femmes extrêmement pauvres, illettrées et vulnérables concluent des contrats compliqués pour vendre leur santé reproductive à de riches étrangers, souvent les risques sociaux ne leurs sont pas communiqués, tels que le risque d’éloignement de leur communauté ou le risque de malaise avec leur mari et leurs enfants".

Le Pr Raywat Deonandan analyse une des causes fondamentales du problème : "lorsque commerce et médecine se confrontent, il n’y a pas d’accord pour établir un cadre éthique visant à déterminer les droits et responsabilités de chacun. Dans une négociation d’affaire, chaque acteur n’a à se préoccuper que de ses propres intérêts". Or, dans le cas du recours aux mères porteuses, l’auteur précise que "la clinique est moralement responsable des intérêts de chacun, incluant à la fois la mère porteuse et le client".
Afin de se rendre compte de l’ampleur du phénomène en Inde, le Pr Raywat Deonandan et ses étudiants ont procédé à l’analyse des sites internet de 159 cliniques proposant ces "‘technologies de reproduction assistée’ ". Il en ressort que "86% des cliniques mentionnent qu’elles proposent des services de ‘tourismes reproductif’, dont 47% proposent ouvertement des mères porteuses à leurs clients".

Healthcanal.com 23/10/12 - jme.bmj.com 09/10/12

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 17:30

Une étude américaine reprise dans le Quotidien du Médecin. Dont les conclusions me semblent un peu ahurissantes ! Un chemin de croix ? Oui en effet mais surtout parce que le résultat n'est souvent pas au rendez-vous. Pourquoi la question des échecs, des deuils à faire, n'est elle pas mentionnée ? Pour faire croire à la société que les FIV ça marche à tous les coups ? Et ensuite, la relation patient-médecin... Déjà elle est souvent mise à mal sur les protocoles et l'accompagnement en PMA en eux mêmes alors de là à aller leur parler d'éventuels problèmes de sexualité !!

 

 

AMP : "un véritable chemin de croix" pour les couples en désir d’enfant

Selon une étude menée par l’Université d’Indiana auprès de "127 couples ayant recours à la fécondation in vitro, 70 professionnels travaillant en procréation médicalement assistée (PMA), (médecins, infirmières, psychologues), et 270 femmes témoins qui ont accepté de répondre à un questionnaire en ligne", […] "l’aide médicale à la procréation (AMP) est souvent vécue par les couples en désir d’enfant comme un véritable chemin de croix". En effet, les couples doivent recourir à "des examens à répétition, [des] traitements hormonaux mal tolérés, [des] procédures contraignantes". Le Quotidien du Médecin ajoute également que l’ "intimité est mise à mal".

Nicole Smith, principal auteur de l’étude et le Pr Jody Linée Madeira, expliquent que "les couples en PMA rapportent souvent qu’ils ont le sentiment de participer à une expérience scientifique, en raison des traitements hormonaux et des rapports sexuels programmés. Cela peut devenir stressant et pas romantique du tout. On sait que l’entente au sein du couple souffre au cours de la prise en charge".
Le quotidien poursuit en précisant que "la satisfaction sexuelle n’était pas au rendez-vous chez les femmes en cours d’AMP. Par rapport au groupe de femmes non engagées dans un tel processus, les participantes ayant recours à la FIV déclaraient avoir moins de libido, moins d’intérêt pour la chose sexuelle et moins de satisfaction dans les rapports". Il ajoute : "quand les couples viennent consulter pour un désir d’enfant, la question de la sexualité n’est pas présentée comme une question prioritaire, par manque de temps et/ou par pudeur". En effet, selon le Pr Madeira "l’accès est surtout mis sur les dimensions sociales et de soutien au sein du couple, or la sexualité occupe aussi une grande place".

Par conséquent, pour les auteurs de l’étude, "tout repose sur la qualité de la relation médecin-patient. Les couples doivent être informés des effets secondaires éventuels sur la sexualité et des moyens d’y remédier" précisant que "cela peut consister à utiliser des lubrifiants ou d’autres traitements locaux, mais aussi à consulter un sexologue, de la même manière que l’on peut être amené à voir un endocrinologue ou un psychologue".

 

Le Quotidien du Médecin.fr (Dr Irène Drogou) 30/10/12

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 13:17

Un embryon et un seul ? Selon une étude américaine retranscrite par l'agence de presse médicale APM News, ce sont les centres les moins performants qui ont tendance à transférer plus d'embryons. A méditer.

 

Etats-Unis : les centres d’AMP moins performants transfèrent davantage d’embryons

apmnews.com 24/10/12

Une étude américaine présentée à l’occasion du congrès de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM) à San Diego (Californie), révèle que "les centres d’assistance médicale à la procréation (AMP) ayant un taux de succès inférieurs à la moyenne nationale transfèrent plus d’embryons par cycle". Cette étude, réalisée par une équipe de chercheurs de la Yale University School of Medicine à New Haven (Connecticut), a consisté à analyser "les données de toutes les cliniques américaines ayant rapporté leur activité aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) en 2008, soit 436 centres".

L’article précise que "cette pratique, qui peut s’expliquer par le fait que ces centres chercheraient à augmenter leurs taux de succès en transférant plus d’embryons, n’est cependant pas associée à davantage de grossesses multiples, contrairement à ce qu’on pourrait entendre". Ainsi, "les centres moins performants, définis comme ayant des taux de grossesse moyens par cycle inférieurs d’une déviation standard à la moyenne nationale sur l’année considérée, avaient des taux de grossesse par cycle inférieurs à 38,2% chez les moins de 35 ans, inférieurs à 27,8% chez les 35-37 ans, inférieurs à 20,6% chez les 38-40 ans et inférieurs à 10,6% chez les 41-42 ans". En outre, les chercheurs précisent que "ces centres transféraient plus d’embryons par cycle chez les patientes les plus jeunes que les autres centres", sur la tranche moins de 35 ans et la tranche entre 35 et 37 ans. Enfin, "sur l’ensemble des tranches d’âges, les centres moins performants n’avaient pas plus de naissances multiples que les autres".

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 19:21

La France ne sera bientôt plus un des rares pays à rembourser quelques tentatives de FIV par couple. Car il faut aussi penser qu'ailleurs, faire des FIV équivaut à un effort financier beaucoup plus important qu'ici. Même si le 100% qu'on nous accorde en France est dans les faits souvent un leurre et si la qualité de la prise en charge et les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous ici...En Pologne: action et... réactions !

 

Pologne : un programme de remboursement de la fécondation in vitro en juillet 2013

AFP 22/10/12

Ce lundi 22 octobre, "le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé […] l’introduction en Pologne dès juillet 2013 d’un programme de remboursement de la fécondation in vitro (FIV), une méthode qui échappe actuellement à tout cadre juridique dans ce pays" et dont les frais ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale.
Selon le programme, "les couples auront la possibilité de recourir à trois tentative de FIV remboursables par la sécurité sociale. Dans un premier temps, seule la procédure sera financée" et "dans les années à venir, les médicaments seront également remboursés". Enfin, selon le Premier ministre, le programme générera "une dépense annuelle de 50 millions de zlotys (12 millions d’euros) l’an prochain, et 100 millions de zlotys dans les années suivantes".

Actuellement, "plusieurs projets de loi sur la question sont à l’étude au parlement". Selon le chef du gouvernement, "nous avons affaire au Parlement à une sorte de blocage, avec de nombreuses divergences, et ceci risque de durer encore longtemps. Avec ce programme, nous voulons garantir la sécurité des patients et des embryons, ainsi qu’un accès équitable à des procédures très chères".

 

Pologne : réactions suite au lancement d’un programme de remboursement de la fécondation in vitro

La Croix (Marianne Meunier) 24/10/12

Après l’annonce par le Premier ministre polonais Donald Tusk de l’introduction en Pologne dès juillet 2013 d’un programme de remboursement de la fécondation in vitro (FIV) (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 22/10/12), un sondage du Centre de recherche sur l’opinion publique (CBOS) révèle que "60% des Polonais approuvent ce principe", alors qu’ "une frange au sein de la formation du premier ministre, la Plate-forme Civique (PO, centriste), y est hostile".
Réagissant à cette annonce, le ministre de la Justice, Jaroslaw Gowin, "entend réserver la prise en charge aux seuls couples mariés et s’oppose au gel des embryons".

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 11:39

GPA: l'Ukraine durcit sa loi sur le recours aux mères porteuses pour les étrangers suite à un scandale juridique et humain avec... la France. Rappelons que notre beau pays compte parmi ces pays intolérants qui nie la difficulté de certaines réalités biologico-médicales et qui donc interdit la gestation pour autrui. Que les couples concernés mettent leur douleur et leur désir d'enfant au placard ou entrent dans l'illégalité, tant pis pour eux !
L'Ukraine, elle, qui la tolère, en restreint désormais l'accès aux couples nationaux. Suite donc à un scandale juridique et humain avec ... la France !

Et après on nous parle du "bien de l'enfant" qui passe au dessus de tout ? Où est la notion du bien-être de l'enfant quand on interdit à des parents qui ont attendu des années un enfant et qui finissent par partir le faire à l'étranger là où on autorise la GPA et qui ne peuvent rentrer avec cet enfant tant attendu et vivre enfin normalement comme une famille normale avec lui ???

 

Edit du 2 Novembre 2012

Grâce aux informations envoyées par Elena (Merci !), on apprend que le président ukrainien a opposé son veto à cette décision
Le 2 novembre 2012 le président ukrainien a mis son véto sur la loi relative au recours aux mères porteuses votée par le parlement le 16 dernier. Le Chef de l'Etat a trouvé le texte de la loi incohérent ce qui pourrait entraîner une interprétation ambiguë.

 

L’Ukraine adopte une loi interdisant le recours aux mères porteuses pour les étrangers
AFP 16/10/12

Ces dernières années, l’Ukraine est devenue "une destination importante pour des Européens en quête de mères porteuses". Par conséquent, mardi 16 octobre, le pays "a adopté une loi interdisant aux ressortissants des pays où cette pratique est illégale, dont la France, d’y avoir recours". Ce texte a été adopté par 250 députés, un minimum de 225 était nécessaire.
La loi doit être promulguée et entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Celle-ci prévoit que "la gestation pour autrui ne peut être effectuée que pour des Ukrainiens ou des étrangers originaires de pays où cette méthode n’est pas interdite par la loi".
En 2011, "un scandale avait éclaté […] quand un couple français avait tenté de sortir clandestinement d’Ukraine deux bébés nés d’une mère porteuse, faute de pouvoir le faire légalement en raison d’un imbroglio juridique entre Kiev et Paris". En Ukraine, la pratique des mères porteuses est une pratique légale. En France, "tout contrat de mère porteuse est
interdit [et il ne peut être délivré de] papier d’identité pour les enfants nés de la gestation pour autrui à l’étranger".

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