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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 10:41

Deux articles dans la presse généraliste sur l'AMP par le Pr Olivennes. Constat effarant mais tellement vrai du mépris et désintérêt pour la PMA en France. Si seulement cela pouvait faire réfléchir les gens et les législateurs...

 

En France, l’aide médicale à la procréation est méprisée »

Le Figaro 27 février 2014

 

Sur son site Internet, Le Figaro livre un entretien avec le Pr François Olivennes, gynécologue-obstétricien, ancien directeur de l’Unité de médecine de la Reproduction à l’hôpital Cochin, « pour qui une réflexion globale sur [l’aide médicale à la procréation]est nécessaire ». Le journal remarque ainsi qu’« après les rassemblements de la Manif pour tous, le gouvernement a annoncé qu’il s’opposerait à des amendements parlementaires sur la procréation médicalement assistée. Une décision qui consterne » le spécialiste.

Le Pr Olivennes déclare qu’« il y a depuis toujours en France un mépris face aux techniques d’aide médicale à la procréation, qui sont perçues comme une médecine de confort. J’ai l’impression que ces questions n’intéressent personne, peut-être parce que le pays affiche un très bon taux de natalité. Il n’y a pas de campagnes, par exemple, pour alerter les femmes sur la baisse de la fertilité avec les années ».

François Olivennes observe qu’« en France, le principe, c’est la gratuité absolue du don. Cela demande réflexion, il faudrait au moins pouvoir en parler. Les dons d’ovocytes avec rémunération des donneuses sont possibles dans de nombreux pays. Pourquoi pas chez nous ? ».

Le praticien relève que « certaines procédures réalisées à étranger sont même parfois remboursées par la Sécurité Sociale. Moi, évidemment, je ne vois que les patientes pour qui les procédures ont échoué et pour qui les choses se sont mal passées. Beaucoup ont été prises en charge en dépit du bon sens, ce qui, parfois, entraîne des complications ».

Le Pr Olivennes estime en outre « très important de mener une réflexion sur le sujet [de l’insémination avec donneur aux femmes célibataires]. Parce que de fait, ces inséminations se font, au mépris de tout, de manière sauvage, et cela va en augmentant. Certaines viennent me voir pour un conseil, tout en sachant que c’est interdit en France. […] Toute une frange de la population confrontée à ces problèmes de stérilité sait qu’il existe des traitements accessibles aux frontières de notre pays. Du coup, la sélection se fait par l’argent, et c’est très injuste ».

Le spécialiste relève par ailleurs que « la congélation des ovocytes est toujours interdite dans notre pays, sauf pour les femmes qui ont une pathologie. […] Une Française lambda, en bonne santé, qui se présenterait à 25 ans pour congeler ses ovocytes parce qu’elle estime qu’elle veut repousser sa grossesse à plus tard, ne peut pas. […] On ne comprend pas très bien pourquoi cela n’est pas autorisé. L’idée que les femmes puissent différer comme elles le désirent leur grossesse semble engendrer un malaise. […] Je crois que la société est prête à évoluer sur ces sujets, mais pas notre législateur ».

 

 

 

La France rétrograde et hostile aux femmes stériles…

Le Monde 18 février 2014 (Lu chez Lutine en PMA aussi)

 

Le débat sur l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP) des couples homosexuels fait rage. Le gouvernement recule, les associations menacent, certains députés se rebiffent. La presse s’en donne à coeur joie, et s’interroge sur l’insémination avec donneur, sur la gestation pour autrui (GPA) et sur le devenir des enfants. Des manifestants défilent contre ces possibilités, et l’opposition à ce projet fédère les foules.

 

Il est peut-être opportun de rappeler qu’en matière de reproduction, nos gouvernements successifs, nos députés et donc notre pays se classent, dans bien des domaines, parmi les plus rétrogrades d’Europe. Fort d’une natalité qui caracole en tête du classement européen, notre pays néglige de prendre en compte le problème de la stérilité.

 

La France a été le troisième pays a réussir la fécondation in vitro (FIV). Nos équipes ont été abondamment citées lors de l’émergence de cette technique, il y a trente ans. Les médecins du monde entier venaient en France s’initier à ces techniques qui ont révolutionné la prise en charge de l’infertilité.

 

LES PLUS MAUVAIS D’EUROPE

 

La situation a bien changé. Aujourd’hui les résultats de la FIV nous classent parmi les plus mauvais d’Europe. Même si elle est prise en charge par la Sécurité sociale, la tarification des actes et les moyens dont nous disposons ne nous permettent pas de nous mettre au niveau des meilleures équipes mondiales. Mais il y a plus grave encore. Certaines pratiques ne sont pas autorisées en France, ou difficilement accessibles, ce qui oblige de plus en plus de couples ou de femmes à se rendre à l’étranger pour bénéficier de moyens techniques adaptés à leur situation.

 

Trois problèmes principaux constituent à mes yeux un déni de prise en charge et condamnent potentiellement certaines femmes à renoncer à leur projet d’enfant. C’est tout d’abord le cas du don d’ovocytes. Lorsque les femmes souhaitent avoir un enfant au-delà de 38 ans (et parfois avant), leurs ovaires peuvent, hélas, dysfonctionner. Aujourd’hui une femme de 38 ans n’a pas fait la moitié de sa vie, mais ses ovaires vieillissent aussi vite qu’auparavant. Les femmes font des enfants de plus en plus tard, et l’explosion des divorces aboutit à de nouvelles unions à un âge plus avancé.

 

Le don d’ovocytes est parfois le seul recours pour permettre à une femme de porter l’enfant conçu avec le sperme de son mari. Bien que pareil don soit légal en France, en pratique, il est très difficile à réaliser. Il oblige la femme à trouver une donneuse et le taux de succès est inférieur à ceux obtenus ailleurs en Europe.

 

Le dernier recensement en France conduit par l’Agence de biomédecine faisait état de 400 dons en 2011. Aucun chiffre officiel n’existe, mais des milliers de Françaises partent chaque année à l’étranger pour recevoir un tel don. C’est un véritable scandale. Depuis des années, les professionnels de santé réclament une table ronde pour réfléchir à des solutions. Cette situation ne peut plus durer, car le don d’ovocytes sera de plus en plus nécessaire à la reproduction.

 

L’IMPOSSIBILITÉ DE CONGELER DES OVOCYTES

 

Le deuxième scandale est l’impossibilité pour les femmes de congeler leurs ovocytes pour préserver leur fertilité et assurer ainsi une éventuelle grossesse tardive. Depuis environ cinq ans, la congélation des ovocytes a connu une véritable révolution scientifique. Cette technique est aujourd’hui réellement fiable et la congélation d’une dizaine d’ovocytes permet d’espérer une grossesse dans plus de 50 % des cas. Une femme peut ainsi stocker quelques ovocytes, ce qui lui permettrait d’envisager une grossesse plus tardive que la physiologie ne le lui autoriserait.

 

Cette technique est disponible dans la plupart des pays développés du monde, mais en France elle est restreinte aux femmes qui ont une pathologie ou une maladie mettant en jeu leur fertilité. En dehors de ces indications marginales, les femmes concernées doivent, là encore, se tourner vers l’étranger pour bénéficier de cette technique qui représente un progrès médical indéniable.

 

Enfin, le dernier enjeu touche les femmes seules. Elles sont de plus en plus nombreuses à se présenter dans mon cabinet autour de la quarantaine. Pour la plupart elles rêveraient, bien sûr, de procréer avec un partenaire masculin. Elles ne l’ont pas trouvé ou se sont retrouvées avec des partenaires sans réel désir d’enfant ou avec un désir à contretemps. Elles sont inquiètes de voir leur horloge biologique tourner et ne veulent pas vivre sans enfant. Elles se tournent alors vers l’AMP en quête d’insémination avec donneur.

 

Les pédopsychiatres français sont plutôt réticents sur ce type de projet, mais certaines équipes étrangères qui pratiquent ces inséminations pensent que si la femme ne rejette pas a priori toute relation masculine et qu’une attention est portée à ne pas établir une relation trop fusionnelle avec l’enfant, l’équilibre de ces enfants n’est pas menacé. Le travail de suivi fait par ces équipes démontre que ces familles se portent bien si la sélection des candidates à l’insémination est faite avec attention. Ce type de demande d’AMP va aussi en augmentant.

 

DES POSITIONS PLUS PRAGMATIQUES

 

Bien sûr, toutes ces techniques soulèvent des questions éthiques. L’avenir des enfants ainsi conçus mérite réflexion et prudence, mais, en France, le débat est minimal et la révision de la loi de bioéthique qui régule ces pratiques n’est opérée que tous les dix ans et encore : une grande partie des députés souhaitaient supprimer cette révision systématique.

 

En Europe, la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni, les pays scandinaves, sans parler de nombreux pays de l’Est pratiquent toutes ces techniques de reproduction. Ces pays ne sont pas tous irresponsables ; ils ont aussi des lois et se sont posé les questions éthiques. Ils ont des positions plus pragmatiques et aussi plus respectueuses du désir actuel des couples ou des femmes.

 

Notre pays reste un petit village gaulois campé sur ses positions rétrogrades mais surtout hypocrites, car des milliers de femmes se rendent à l’étranger, parfois à une heure de Paris, pour bénéficier de ces techniques. Cela institue une insupportable sélection par l’argent et donc par le statut social. La France n’est pas un pays ami pour les femmes confrontées à une stérilité présente ou future. Elles doivent ou devront quitter leur pays ou renoncer à leur désir d’enfant. Il est peut-être temps pour elles de se rebeller sérieusement.

 

François Olivennes (Professeur en gynécologie et obstétrique)

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 14:05

Grincement de dents à la lecture de ma revue de presse santé. Non mais écoutez les PMettes, c'est pas raisonnable, vous coûtez cher au système de santé, vous pourriez pas faire un gosse comme tout le monde, non ?

Qu'on me parle de risques obstétricaux accrûs pour la mère et l'enfant, ok, mais le seul argument du coût, grrrrrr. Et le coût des FIV qui ne marchent pas, parfois à cause des infrastructures dépassées et des taux de réussite mauvais (je parle de notre chère France...), c'est pas grave alors que parfois mettre 1 embryon de plus permettrait, peut être, parfois, d'améliorer ces taux ? Et je crois qu'aucun couple en PMA ne râlerait d'avoir des jumeaux...

 

FIV: Les naissances multiples coûtent près de 20 fois plus

 

SantéLog / American Journal of Obstetrics & Gynecology

 

20 fois plus qu’une grossesse unique, c’est ce que coûte une grossesse multiple avec naissance de triplets, un calcul auquel s’est livrée une équipe de scientifiques américains, qui met en avant cet argument pour sensibiliser à nouveau, aux risques posés par les grossesses multiples, pour la santé des mères et des nourrissons. Ces conclusions, publiées dans l’American Journal of Obstetrics & Gynecology appellent ainsi à réduire le nombre de transferts d'embryons multiples dans les procédures de fécondation in vitro (FIV).

 

Car, expliquent les auteurs, il s’agit d’un véritable problème de santé publique, ici aux États-Unis mais aussi dans le « reste du monde », reste du monde en raison des risques mais aussi de l'impact sur les dépenses de santé. Un fardeau en augmentation, alors que l’incidence des grossesses multiples suit l'utilisation accrue de techniques d’induction de l'ovulation et de fécondation in vitro. Ainsi, les les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains estiment à 3% le taux de naissances multiples, et, précisément, à 3,3% pour les jumeaux et à 1,4/1.000 pour les triplés. Environ 40% des naissances de jumeaux et 80 % des naissances de triplés ou plus feraient suite aux procédures d’aide à la reproduction.

 

Après avoir analysé et comparé le coût des grossesses multiples vs naissances uniques, sur l’ensemble des femmes américaines âgées de 19 à 45 ans et ayant accouché au moins un enfant né vivant entre 2005 et 2010, les chercheurs constatent que, 

· 97% des naissances sont uniques,

· 2,85% des jumeaux,

· 0,13 % des triplés ou « plus ».

· Les grossesses avec naissance de jumeaux coûtent 5 fois plus que les grossesses avec naissance unique,

· avec naissance de triplets, près de 20 fois plus.

 

Pour une réduction des transferts d’embryons multiples : Ainsi, les dépenses médicales imputables aux mères et aux nourrissons varient en fonction de la multiplicité des naissances, soit, au total (grossesse, accouchement, soins de l’enfant…) 21.000 $ pour une naissance unique et jusqu’à plus de 100.000$ pour une naissance multiple. Cette augmentation des coûts de santé pour les naissances multiples est bien entendue liée à l'augmentation de la morbidité maternelle, au recours plus fréquent à la césarienne, à la longueur de l’hospitalisation, notamment en Unité néonatale de soins intensifs pour les nouveau-nés. Les auteurs montrent également une mortalité accrue, mais faiblement, chez les mères et les nourrissons issus de grossesses multiples.

 

L’étude qui précise l’augmentation des dépenses médicales associées aux grossesses médicalement assistées attire ainsi l’attention sur les risques liés au transfert d’embryons multiples.

 

Source: American Journal of Obstetrics & Gynecology via Eurekalert (AAAS) Multiple birth pregnancies can cost nearly 20 times more than singleton pregnancies

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 11:31

Une chronique parue dans les Echos et signée, entre autres, par René Frydman. Qui évoque le retard pris par la France, enfoncée dans son principe de précaution (alors même que les scandales sanitaires et médicamenteux du passé et du présent font encore des dégats, je pense au Distilbène notamment!), qui évoque l'absence ou le retard des innovations au bénéfice de la santé et des patients ! La 1er FIV ne pourrait jamais avoir lieu en France aujourd'hui !

 

Idées Points de vue

de René Frydman, Laurent Sedel et Guy Vallancien

 

Nous sommes médecins, de grâce, laissez-nous travailler !

Par Guy Vallancien | 28/06 | 06:00 / Les Echos

 

Nous, chirurgiens et médecins, témoins ou acteurs d'innovations marquantes dans nos domaines d'expertise, sommes désemparés devant l'attitude de l'agence sanitaire en charge de la sécurité des produits médicaux. Echaudée par de multiples affaires, du Mediator aux prothèses mammaires PIP, où son autorité ne brilla guère, l'administration tente aujourd'hui de se refaire une virginité en agressant violemment un fabricant de prothèses de hanche, industriel respectable et respecté, dont le crime majeur fut de ne pas fournir les documents administratifs d'un produit déjà marqué et vendu, dont une modification mineure n'exposait en rien les opérés, mais était susceptible d'améliorer la longévité du matériel implanté. Nul décès, nulle reprise opératoire, nul retrait du matériel, ladite agence clamant elle-même haut et fort l'absence de tout danger sanitaire !

 

Délire médiatique insupportable pour se rattraper d'avoir manqué d'autres contrôles autrement utiles, aux conséquences inévitables et malheureuses. Avec comme conséquence l'inquiétude de centaines de malades qui marchent avec cette prothèse et un risque vital pour l'entreprise française mise en cause publiquement. Une simple régularisation eût été possible sans alerter sciemment les médias.

 

Surprotéger en appliquant à tout-va le fameux principe de précaution est délétère dans le champ d'action qui est le nôtre, la chirurgie. La prothèse cardiaque inventée en France et produite par un industriel français sera testée ailleurs, les prothèses de hanche revêtues d'un produit antibactérien original n'ont pas le droit d'être essayées chez nous. Pourquoi ? Qui s'arroge la compétence d'en décider ainsi ? Après de nombreuses études en laboratoire, les essais cliniques sont initiés avec l'accord des patients, qui ont parfaitement le droit de refuser. Mais qui décide de leur interdire l'accès à un éventuel progrès ? Des administratifs frileux et des experts éloignés des réalités, séparés des industriels décrétés comme étant de vulgaires corrupteurs, plus enclins à se protéger qu'à accompagner les innovations.

 

La France prend du retard, alors que les chirurgiens et les patients, comprenant les bénéfices qu'ils peuvent tirer des innovations, gardent le courage d'essayer, de tenter pour progresser. Pour innover dans notre domaine, il faut une certaine dose d'anticonformisme et de courage. Les prothèses, les dispositifs médicaux, les stratégies thérapeutiques innovantes ne rentrent pas facilement dans un système normé réglementaire. On ne possède pas a priori toute la connaissance. Il nous faut tâtonner, adapter, réviser. Les premières transplantations rénales, cardiaques et hépatiques, les premiers cristallins artificiels, les premières fécondations in vitro, les premières opérations par coelioscopie, les premières greffes faciales, les premières valves cardiaques biologiques, le remplacement de la trachée par une aorte ou les premières prothèses de hanche, souvent françaises, sont devenues des opérations de « routine » parce que quelques-uns avaient osé se lancer pour la première fois. Refusons-nous tout contrôle ? Non, bien sûr. Il est nécessaire d'encadrer et de vérifier les innovations, mais pas n'importe comment, ni par n'importe qui. Une administration doit d'abord être compétente pour pouvoir évaluer, comme nous, les avantages et les risques, dont les patients doivent être informés, y compris des incertitudes consubstantielles à l'innovation. Mais, de grâce, qu'il soit « interdit d'interdire » a priori et sans retour. Sinon, les essais seront faits ailleurs, la médecine française y perdra en renommée et en qualité et l'industrie française y perdra en visibilité et en emplois.

 

Principe de précaution pour le citoyen, peut-être, mais probable perte de chances pour le malade. La vraie précaution n'est-elle pas justement d'aller de l'avant, d'explorer les voies nouvelles sans peurs irraisonnées ? La peur n'évite pas le danger. Elle peut, en l'occurrence, le créer !

René Frydman, Laurent Sedel et Guy Vallancien

 

René Frydman est professeur émérite d'obstétrique à l'université Paris Sud. Laurent Sedel est pofesseur émérite de chirurgie orthopédique à l'université Paris Diderot. Guy Vallancien est professeur d'urologie à l'Université Paris Descartes.

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Écrit par Guy VALLANCIEN

Chroniqueur - Prof. à l'université Paris-Descartes et Pdt du Cercle Santé Société.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:41

Amandine, 1er bébé né par FIV en France a accouché à 31 ans de son premier enfant, conçu naturellement. Tant mieux pour elle et il n'y avait aucune raison qu'il en soit autrement, l'infertilité n'est pas héréditaire ! Mais cela ne devrait pas cacher la réalité de l'AMP en France et la dure réalité des (mauvais) taux de succès en FIV et la cruelle réalité qui de ceux qui ressortent de là sans enfant !

 

« Ava, le bébé d'Amandine, trente et un ans après »

Le Journal du Dimanche , Le Parisien

Le Journal du dimanche révèle qu’« Amandine [premier bébé-éprouvette français, il y a trente et un ans] a donné naissance cette semaine à une petite fille, nommée Ava. Comme en 1982, c'est le Pr René Frydman qui a mis l'enfant au monde… ». Aujourd’hui en France titre, lui, « Amandine, maman naturellement ». « Elle n'est pas la première jeune femme issue d'une fécondation in vitro à avoir un enfant, mais son cas est symbolique. La médecine donne un coup de pouce technique, et ensuite les choses se déroulent normalement. C'est le retour du naturel" », note le Pr René Frydman dans le Journal du dimanche. Contrairement à ce qu’on craignait à l’époque concernant les « bébés éprouvettes», "on n'hérite pas de l'infertilité", se réjouit Amandine.

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:05

Alors que nombre d'entre nous, PMettes, avalons de l'aspirine pour optimiser nos endomètres, l'aspirine serait néfaste à la fertilité de nos messieurs...

 

Prendre trop d'aspirine peut nuire à la fertilité masculine »

Mediscopp / Le Figaro

 

Le Figaro note en effet que « pour la première fois chez l'homme, des chercheurs français de l'Inserm ont montré que des médicaments antalgiques pourraient diminuer la fertilité masculine ». Le journal explique que « dans cette étude, publiée dans Human Reproduction, les chercheurs ont cultivé in vitro des échantillons de tissus testiculaires d'hommes avec du paracétamol ou des anti-inflammatoires (aspirine et indométacine), à des concentrations équivalentes aux limites maximales conseillées ».

« Au bout de 24 heures, ils ont observé une baisse de la production de deux hormones : la testostérone et l'insulin-like factor 3, impliquée dans la descente des testicules chez le fœtus. Comme la testostérone joue un rôle important dans la formation des spermatozoïdes, ces antalgiques impactent directement la fertilité des hommes », observe le quotidien.

Bernard Jégou, chercheur à l'Inserm, professeur à l'Ecole des hautes études en santé publique à Rennes et responsable de ce travail, remarque ainsi qu’« à des concentrations équivalentes à celles retrouvées dans le plasma en cas de prise de ces molécules, chacune d'elles perturbe la production d'hormones stéroïdiennes et d'autres facteurs nécessaires à la masculinisation et la fertilité ». Le spécialiste souligne néanmoins qu’« il n'y a aucune raison de s'inquiéter si l'on prend occasionnellement des antalgiques et qu'on respecte les doses maximales autorisée ».

Le Figaro observe que « pour Bernard Jégou, le risque concerne uniquement les hommes qui consomment régulièrement une forte quantité de ces médicaments, pendant une longue période. C'est parfois le cas des athlètes qui prennent des antidouleurs à des fins préventives ».

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 09:01

L'AMP revient dans les débats, ceux, à la rentrée, du Comité National Consulatif d'Ethique en tout cas. Avec la GPA au programme. Mais avant de se poser ces questions pour raisons sociétales grâce / à cause de l'actualité du mariage pour tous et de la "PMA pour tous", ne devrait on pas se les poser (et se les être posées) pour ceux pour qui la PMA est incontournable pour raisons médicales. Et faire en sorte que la PMA soit déjà vraiment pour tous ceux qui en ont besoin avec une infertilité médicale avérée (avérée qui peut être inexpliquée d'ailleurs bien sûr) et faire en sorte que cela soit un parcours moins semé d'embûches et d'échecs en France ?

 

« Le Comité d’éthique souhaite une réflexion large sur la PMA »

La Croix

 

La Croix note qu’hier, « Jean-Claude Ameisen, le président du Comité consultatif national d’éthique, a indiqué que les états généraux sur les indications «sociétales» de la procréation médicalement assistée (PMA) auraient lieu en octobre et novembre ».

« Il considère que la gestation pour autrui doit faire partie de la réflexion, de même que la question de l’anonymat et de la prise en charge financière », relève le quotidien, qui explique que le responsable « a précisé la méthode des états généraux organisés dans ce cadre : un panel de citoyens tirés au sort et préalablement formés se réunira entre octobre et novembre […] et formulera des recommandations avant la fin de l’année ».

Le journal observe ainsi que « sans préjuger des conclusions, Jean-Claude Ameisen a donné des précisions sur le périmètre de ce travail. Sous les feux des projecteurs ces derniers mois, la question de l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples homosexuels est centrale. Selon le président du CCNE, elle implique une réflexion sur la gestation pour autrui, même si le CCNE a déjà rendu un avis négatif il y a 3 ans sur l’opportunité de légaliser en France les mères porteuses ».

« Mais il y en a d’autres : à partir du moment où l’on s’interroge sur les indications «sociétales» de la PMA, sans lien avec l’infertilité, il faut se pencher sur la demande de certaines femmes, non stériles, de congeler leurs ovocytes «pour plus tard» », poursuit La Croix.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 11:51

Une grossesse suite à une greffe d'utérus. En Turquie. En France,... ça bloque.

 

« Enceinte avec l’utérus d’une autre »

Le Journal du Dimanche

Le Journal du Dimanche fait savoir qu’« une femme turque de 22 ans, devenue il y a 2 ans la première femme au monde à bénéficier d'une greffe d'utérus d'une donneuse décédée, est désormais enceinte, une autre première mondiale ». Le Pr Mustafa Ünal, médecin-chef de l'hôpital universitaire Akdeniz à Antalya, indique ainsi : « Les tests préliminaires de ces 2 dernières semaines sont compatibles avec une grossesse ».

Le journal explique que « les médecins sont parvenus à implanter avec succès dans l'utérus de Derya Sert plusieurs embryons fécondés in vitro à partir de ses ovules et de spermatozoïdes de son mari ».

« Le succès de la greffe réalisée en 2011 […] a redonné espoir à des milliers de femmes incapables de porter un enfant. Une femme sur 5.000 dans le monde naît sans utérus, selon les statistiques. La grossesse de Derya Sert présente de nombreux risques mais, si elle se poursuit normalement, la jeune femme doit accoucher par césarienne 2 mois avant son terme normal », poursuit Le Journal du Dimanche.

L’hebdomadaire livre la réaction de Pascal Pivert, responsable de l’assistance médicale à la procréation au CHU de Limoges, qui note : « C’est très encourageant, mais la grossesse est récente. L’objectif final, c’est l’enfant vivant, bien portant, à la maison ».

Le journal évoque ses travaux, rappelant que « son équipe a réalisé les premières autogreffes de tissu ovarien » en France, et aborde également ceux du Pr René Frydman : « L’établissement de banlieue parisienne qu’il vient d’intégrer dispose d’un robot permettant de conserver les greffons. Femmes en mal d’enfants et donneuses potentielles frappent à sa porte. Mais pour l’instant, ses demandes répétées au Comité consultatif national d’éthique restent lettre morte ».

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 21:01

Petite revue de presse non exhaustive sur le débat parlementaire (avorté, oui elle est facile et nulle...) à propos de la recherche sur l'embryon.

En effet, Sénat et Assemblée examinaient ces derniers jours une proposition de loi autorisant la recherche sur l'embryon. Levée de boucliers au nom de l'éthique (oui mais laquelle ?), protestation contre le fait que la loi était examinée en catimini (ça c'est vrai) et divers avis disant que la recherche sur les cellules souches embryonnaires n'est plus utile au regard des avancées de la recherche sur d'autres types de cellules souches (notamment iPs).

 

Mais personne, jamais (si dans l'édito ci dessous!) ne parle de la recherche sur l'embryon par rapport à l'infertilité ! Pour mieux comprendre comment ces petits embryons évoluent ou pas, s'accrochent ou pas ? Pourquoi tant de silence ?

Je passe à mon tour sous silence, trop fatiguée pour m'énerver, ces couples interviewés visiblement chanceux mais pas très généreux (pas de don parce que peur de croiser son enfant dans la rue, mouais) et ces phrases qui laissent entendre que "hop tu implantes un embryon, hop il s'accroche et grossesse garantie". Et qu'il y a 5 embryons en moyenne à chaque tentative de FIV, pas toujours malheureusement...

 

Bref, ça m'agace au plus haut point... et la loi est donc repoussée. Ici, je ne parlerai même pas de la perte de compétitivité de la recherche française liée à cette interdiction. J'aurais envie d'évoquer que les résultats de nos centres AMP ne sont pas super glorieux par rapport aux autres pays... Je préfère ne pas m'appesantir sur le  fait que le "Président de la République" a parait-il  (mieux à faire que de l'écouter hier soir, merci! ) réaffirmé que la GPA resterait interdite. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes des fertiles...

 

Mais tous ces gens là qui sont contre la recherche sur l'embryon, contre tout d'ailleurs et la GPA notamment, ont ils un seul jour, crevé de trouille à l'idée que leur petit embryon déjà d'amour ne se développe pas, ne se décongèle pas, ne s'accroche pas ? A li'dée qu'ils n'auraient peut être jamais jamais d'enfant ?

Non certainement pas ! Pourtant personnellement je pense tous les jours à nos eskimaux et je suis pour la recherche sur l'embryon quand ceux ci ne font plus l'objet d'un projet parental (ce qui peut arriver en cas de réussite de la tentative précédente, de séparation etc). Mais on veut nous faire croire que ce sont nous les affreux destructeurs de bébés en puissance ? Si seulement chaque embryon devenait un bébé, on ne serait pas là, toutes et tous, à souffrir et à se battre non ?Alors plutôt que de les détruire véritablement ou de les laisser congelés quelque part sans qu'ils soient utilisés, autant que la souffrance (stim, ponction, angoisse, stress...) qui a servi à les fabriquer soit utile à quelque chose, non ?

 

 

L'embryon, le chercheur et la sagesse

Éditorial du "Monde"

 

A première vue, cela ressemble à une discussion – forcément byzantine – sur le sexe des anges. Jeudi 28 mars, les députés débattent de la proposition, déjà adoptée par les sénateurs, visant à modifier la loi fixant les conditions de la recherche scientifique sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires. 

Strictement interdites par les premières lois de bioéthique de 1994, de telles recherches avaient été autorisées, du bout des lèvres, lors de la révision de ces lois en 2004, puis en 2011 : le principe de l'interdiction était maintenu, mais assorti de possibles dérogations, accordées par l'Agence de la biomédecine.

Le texte aujourd'hui en discussion inverse ce principe. Il prévoit que les recherches sur l'embryon seront désormais autorisées, mais strictement encadrées, comme l'avait d'ailleurs recommandé le Conseil d'Etat en 2009. Ce changement est réclamé, depuis des années, par bon nombre de scientifiques. Ils souhaitent développer leurs connaissances sur l'embryon, améliorer les techniques d'assistance médicale à la procréation et explorer plus activement les pistes très prometteuses de ces recherches pour soigner les maladies génétiques ou dégénératives, comme la maladie d'Alzheimer.

Une grande partie de la communauté scientifique déplore donc la frilosité de la législation française. Ils s'inquiètent des handicaps qu'elle impose aux laboratoires français par rapport à leurs concurrents étrangers. C'est notamment le cas des Britanniques, qui ont depuis longtemps une législation libérale, et des Américains, qui ont rétabli, en 2009, des règles plus souples en la matière, après une parenthèse très restrictive pendant les mandats de George W. Bush.

A l'inverse, les partisans du statu quo, au premier rang desquels les responsables de l'Eglise catholique, dénoncent le risque d'"instrumentalisation" ou de "réification" de l'embryon. Au nom du principe fondamental de la "dignité de la personne" qui doit être reconnu "à tout être humain" dès sa conception, c'est-à-dire dès le stade embryonnaire.

Au-delà de ces crispations réciproques – les uns déplorant volontiers les lobbies conservateurs et religieux, les autres fustigeant les diktats aveugles des scientifiques et des laboratoires pharmaceutiques –, la proposition de loi en discussion postule, à juste titre, qu'il est possible de marier la raison et la sagesse. Ou, pour le dire autrement, le progrès scientifique et le respect de règles éthiques fondamentales.

A cet égard, les scientifiques restent les mieux placés pour évaluer les marges de souplesse dont ils ont besoin pour faire avancer la recherche. Ils ne sauraient le faire hors du contrôle des autorités morales, politiques et scientifiques (l'Agence de la biomédecine, en l'occurrence). Mais ils ne sauraient en être empêchés, sauf à enfermer la science française dans une impasse.

 

 

La recherche sur l'embryon ne changera pas de régime... pour le moment

 

Dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29, la proposition de loi autorisant la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires, "n'a pas pu aller à son terme, ce qui a suscité la fureur des députés radicaux qui ont quitté l'hémicycle". Cette proposition de loi avait été déposée par le groupe radical de gauche dans le cadre d'une 'niche parlementaire', c'est-à-dire "une journée réservée à un groupe parlementaire d'opposition ou minoritaire pour étudier ses textes".

Dernièrement, plusieurs députés ont protesté contre un examen en "catimini". (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 21 mars 2013). Pour Philippe Gosselin, député UMP, "si c'est un engagement de François Hollande, que le gouvernement porte le texte !".

Ainsi, l'examen de ce texte est repoussé de plusieurs semaines car il est envisagé que "le texte soit repris par un autre groupe parlementaire, par le gouvernement, ou mis à l'ordre du jour de l'Assemblée lorsqu'elle en a la maîtrise". 

Si les députés de l'opposition étaient déterminés à ne pas laisser passer cette réforme importante de la loi de bioéthique, plusieurs milliers de citoyens le sont également. Via la campagne "Vous trouvez-ça normal?", la Fondation Jérôme Lejeune a rassemblé plus de 52 000 signataires sur sa pétition.

Dans un article, le quotidien Le Monde publie des témoignages de parents sur le "devenir de leurs embryons congelés". Les parents de ces embryon se retrouvent parfois démunis lorsqu'ils ne souhaitent plus procréer, ils doivent préciser ce qu'ils souhaitent faire de leurs embryons dits "surnuméraires". Au cours d'une FIV, plusieurs embryons sont créés, cinq en moyenne, mais seuls "un ou deux sont implantés dans l'utérus de la future mère, pour limiter les risques de grossesse multiple", les autres sont congelés. Au 31 décembre 2010 "171 417 embryons humains étaient conservés dans les cuves d'azote liquide des Centres d'étude et de conservation des oeufs et du sperme [Cecos]", autrement dit, congelés. Parmi eux, 64% font toujours l'objet d'un projet parental. Mais lorsque le couple se sépare ou ne souhaite plus procréer, la loi prévoit qu'ils peuvent décider de ne plus les conserver, de les donner à un autre couple ou à la recherche. Mais la réponse à cette question n'est pas facile, et "tous les ans, les couples sont intérrogés par les Cecos". Témoignant à ce sujet, Karen Dupuis, 37 ans, explique: "chaque année, cette lettre est un sujet de dispute entre mon mari et moi". En outre, ils expliquent que "l'idée de donner les embryons à la recherche leur fait peur". A ce propos, Mme Fleury précise: "on ne nous a pas parlé de projet précis, c'était inquiétant, on avait en tête des histoires d'apprentis-sorciers". Frédérique, 45 ans explique quant à elle: "c'était très difficile à envisager pour moi. J'imaginais qu'on allait les découper, les disséquer. Ce ne sont pas des objets". Par ailleurs, c'est aussi "la crainte d'avoir un enfant 'dans la nature' [qui] apparaît chez ceux qui refusent le don". Ainsi, Mme Dupuis précise: "Je travaille dans un endroit très fréquenté, j'aurais toujours peur de le voir devant moi. Je me serais aussi toujours demandée s'ils ont été bien accueillis".

Pour Yolaine, 39 ans et son mari, la solution trouvée pour leur unique embryon surnuméraire a été "de faire un troisième enfant". Elle précise: "Aucun choix ne nous convenait, je ne voulais pas l'abandonner, c'était comme avoir un enfant en suspens".

 

Sources : Lci.tf1.fr (Alexandra Guillet) 29/03/2013 - Le Monde 29/03/2013 - AFP 29/03/2013 - Le Monde (Gaëlle Dupont) 28/03/2013

 

 

"Le scandale des embryons de laboratoire"

 Revue de presse Genethique / La Croix (Mouais en même temps, c 'est la Croix quoi...)

 

Le jour même de l'examen par l'Assemblée nationale de la proposition de loi autorisant la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune, publie une tribune dans le quotidien La Croix, retranscrite ci-dessous*.

Contrairement à ce que l’on pense, la première réforme de société à être votée par la gauche - et la plus grave - ne sera pas celle du mariage homosexuel. Dans l’ordre chronologique et d’importance, la première réforme consistera à remplacer le principe de l’interdiction de la recherche sur l’embryon (assorti de dérogations) par celui de l’autorisation. La proposition de loi est inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, le 28 mars, après avoir été votée au Sénat le 4 décembre.

Il est un moment mystérieux où chaque être vivant, sans changer de nature, se développe et grandit entièrement dans la dépendance d’un autre. De même qu’il ne viendrait à l’idée de personne de contester qu’un embryon de souris est un être murin, aucun scientifique dans le monde ne conteste qu’un embryon d’homme est un être humain. C’est dans cette phase d’énergie vitale et de grande vulnérabilité que le législateur a choisi de l’instrumentaliser. Soyons précis : nous parlons d’embryons vivants qui seront supprimés dans le cadre de projets utilitaristes. A cette fin, certains êtres humains figurent sur une liste éloquemment intitulée "embryons surnuméraires dépourvus de projet parental". S’ils étaient réimplantés dans l’utérus, ils y poursuivraient leur vie suspendue par la cryoconservation.

Mais la fin ne justifie pas les moyens et supprimer un humain pour prétendre en soigner un autre est une curieuse méthode. Posons quand même la question qui semblait ouvrir de si vastes perspectives au point que la loi de bioéthique de 2004 avait déjà autorisé, dans certains cas, des dérogations à l’interdit de la recherche sur l’embryon. Rien n’indique que les progrès annoncés il y a dix ans comme imminents soient au rendez-vous. Au contraire, les avancées médicales se font aujourd’hui grâce aux cellules souches adultes et de sang de cordon et se feront demain grâce aux cellules reprogrammées découvertes par le Pr. Yamanaka, Nobel de médecine 2012. En toute logique, la recherche sur l’embryon humain devrait donc être interdite.

On le voit, la question relève moins de la science que de l’éthique : notre époque est la première à vouloir mettre la main sur l’humain à ce stade de développement.

Le plus grave consiste à présenter comme indifférent le passage d’une interdiction avec dérogations à une autorisation de principe. Car il ne s’agit pas d’une différence de degré mais de nature. En effet, ce qui était dérogatoire – la destruction de l’embryon - va devenir la règle. Et ce qui était la règle – le respect de l’embryon – va devenir l’exception. C’est la première fois, en droit français, que la mort est érigée au rang de principe (même la loi sur l’avortement n’est qu’une exception au principe du respect de la vie). Pérenniser la violence contre la vie - et marginaliser ceux qui s’y opposent – marque un déplacement du point d’équilibre de la démocratie. Le droit n’a pas tous les droits. Il ne suffit pas de changer la règle pour être en règle. Et une loi injuste n’est pas une loi.

L’absence de mobilisation des autorités morales pour défendre l’embryon humain est un vertigineux motif d’inquiétude au regard des causes et des conséquences de cette évolution. Car - les travaux parlementaires en apportent la preuve - c’est l’intérêt financier des industriels du secteur qui fait la loi. Les cellules souches non-embryonnaires ont un coût et l’embryon n’en a plus. Jamais les formules superbes de François Mitterrand sur la "force injuste de la loi" et sur le "coup d’état permanent" n’auront été plus justifiées qu’aujourd’hui.

Enfin, il faut être aveugle pour ne pas voir que la liberté de faire, défaire et refaire l’embryon humain - à façon – a créé un droit à l’enfant pour les hétérosexuels qu’il est maintenant difficile de refuser aux homosexuels revendiquant le mariage. La disponibilité de l’embryon pour la paillasse est une des facettes les plus odieuses de cet ultra-libéralisme libertaire. Parce que "Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes" (Bossuet), il est urgent de crier notre révolte face au scandale des embryons humains sacrifiés au profit des laboratoires.

 

* Tribune La Croix - 28 mars 2013

 

Sources :

Lire l'article sur le site internet Genethique.org

Recherche sur l'embryon: 10 raisons de dire non

 

Le 28 mars les députés vont débattre de la proposition de loi levant l’interdiction de la recherche sur l’embryon humain. Or ce texte porte une révolution juridique et éthique sans fondement scientifique. Les citoyens ayant été privés d’un débat sur la question, voici les dix principales raisons de s’y opposer.

 

Sur le plan scientifique 

La thérapie cellulaire est déjà une réalité grâce à certaines cellules souches non embryonnaires : les cellules souches adultes et celles du sang de cordon.

Les cellules souches reprogrammées (IPS) du Pr. Yamanaka (prix Nobel de Médecine 2012), offrent des perspectives plus prometteuses en matière de thérapie cellulaire que les cellules embryonnaires. La rapidité du lancement du premier essai clinique sur la DMLA, et les investissements massifs qui se portent – à l’étranger – sur les iPS marquent l’importance du potentiel de cette recherche. S’agissant de la modélisation des pathologies et du criblage de molécules, les iPS peuvent déjà être utilisées comme alternative à l’embryon.

Le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon humain ne limite pas les travaux sur l’embryogénèse qui se développent grâce à la recherche sur l’embryon animal.

L’argument diminuant l’importance des iPS (qui conserveraient 1 mémoire de leur tissu d’origine) ne tient plus scientifiquement : le problème des altérations épigénétiques est résolu.

 

Sur le plan juridique:

La protection de l'embryon humain est garantie par l'article 16 du code civil, la constitution, et le droit européen.

Passer d'un régime d'interdiction de principe à un régime d'autorisation de principe constitue un changement de paradigme inédit au terme duquel le principe fondateur de la protection de l'être humain deviendra une exception à la règle nouvelle de sa non-protection.

Avant d'envisager d'autoriser la recherche sur l'embryon, enjeu majeur qui concerne autant les citoyens que les experts, les responsables politiques doivent organiser des Etats Généraux, rendus obligatoires depuis la révision de la loi bioéthique de 2011.

 

Sur le plan éthique et politique:

L'embryon est un membre de l'espèce humaine, ce n'est pas une conviction ni une opinion mais un constat scientifique. Or le respect de tout être humain, particulièrement les plus fragiles, est constitutif du pacte républicain et au fondement de notre civilisation. Autoriser la recherche sur l'embryon nous fait quitter le pacte républicain et abandonner nos valeurs fondatrices.

Les responsables politiques sont garants de l'intérêt général. L'enjeu de la recherche sur l'embryon ne relève pas de l’intérêt général mais de l’intérêt particulier - et financier - de l’industrie pharmaceutique qui considère l’embryon humain comme un moyen simple et peu onéreux de modéliser des pathologies, et cribler des molécules alors que les cellules iPS peuvent rendre ce service.

Avant d'engager une telle révolution juridique et éthique la moindre des choses est d’exiger de l'Agence de la biomédecine qu'elle honore son obligation légale de présenter au Parlement un bilan comparatif de la recherche sur les cellules souches. Les responsables politiques doivent se réapproprier leur responsabilité en matière d'enjeux bioéthiques que l'Agence de la biomédecine a captés depuis sa création (2004). Et ce alors même que dans ce domaine de la recherche sur l'embryon l'ABM est juge et partie. puis sa création (2004). Et ce alors même que dans ce domaine de la recherche sur l'embryon l'ABM est juge et partie (1).

 

 

INFO EXPRESS:

A 01h00 du matin le 29 mars 2013, et grâce à la ténacité courageuse de quelques députés, l’Assemblée nationale n'a pas voté l’article unique de la proposition de loi visant à autoriser la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires humaines. La course folle contre la montre a finalement donné raison à l'embryon! L'ambiance tendue de l'hémicycle, faisant fuir les radicaux de gauche, furieux de la tournure du débat, a laissé le gouvernement désarmé faire obstruction aux quelques députés de l'opposition. Le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon, et avec lui la protection de l’être humain reste pour l’instant la règle!

 

(1) Depuis 2004, l’ABM a délivré 173 autorisations relatives à la recherche sur l’embryon, pour seulement 9 refus. 71 concernent des protocoles de recherche, 24 la conservation de cellules souches embryonnaires et 46 l’importation de lignées de cellules souches embryonnaires.

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 00:00

L'avis d'un spécialiste de la PMA sur les menaces qui pèsent sur les gynécos orientant leurs patient(e)s vers les cliniques PMA étrangères. A lire sur le site d'information de la Médecine et de la Biologie de la Reproduction www.mbrinfo.com

 

Qu’est-ce qui est condamnable ?

 

Certains de mes amis encore en activité comprennent l’isolement d’un retraité qui, circonstance aggravante, s’est retiré à la campagne. Ils m’envoient donc régulièrement des « mails » (internet est maintenant disponible jusque dans nos cantons les plus ruraux) et non des texto dont ils connaissent ma maitrise imparfaite. Le contenu de ces envois est varié, de la blague parfois même grivoise à l’information médicale la plus pertinente. Certains me font donc rire, d’autres me cultivent. J’avoue avoir du mal à classer celui faisant état de la directive portant sur le don d’ovocytes émanant du Directeur Général de la Santé adressée aux ARS et au Conseil National de l’Ordre des Médecins, à faire suivre aux Conseils départementaux. Belle et classique arborescence administrative pour que nul n’en ignore le contenu.

 

Tout commence pourtant bien « actuellement, l’offre de don d’ovocytes est insuffisante en France pour couvrir les besoins nationaux ». On sent suivre des propositions concrètes pour pallier à cette situation (nouveaux moyens donnés aux équipes, ouverture de cette technique au secteur libéral…). Que nenni ! Des menaces et des sanctions ! Le bouc émissaire est une fois de plus le Médecin et l’ennemi de l’extérieur, le don d’ovocytes à l’étranger. Dans sa mansuétude, le Ministère de la Justice a cependant considéré que « la simple réception par un praticien français d’une publicité ou d’une sollicitation (courrier, courriel) provenant de l’étranger ne constitue pas une infraction pénale » ; Merci. Je conseille cependant pour ma part de n’ouvrir aucun mail suspect (supprimer avant lecture, poubelle) non plus qu’enveloppe évocatrice (bruler). Pour ce qui concerne la suite de mon propos, je souhaite que soient radicalement distinguées deux situations. La première serait l’obtention d’un paiement ou un avantage de la structure à laquelle le couple est adressé. Il s’agirait là de dichotomie, de rétrocession, retro-commission ou « pots de vin » qui méritent sanction tout comme dans les autres domaines (politique, administratif, financier et industriel). La seconde est d’interdire et donc de sanctionner (cinq ans d’emprisonnement et 75000 € d’amende, pas negligeable) un praticien français « s’il transmet à ses patients une information sur des cliniques ou des organismes étrangers dont les pratiques en matière de don de gamètes ne sont pas conformes à la législation nationale ». La première difficulté est d’identifier les pays où la législation n’est pas conforme à la notre. Il est curieux de constater que l’Espagne, pourtant dotée depuis 1988 d’une législation adoptant comme principes fondamentaux la gratuité et l’anonymat soit particulièrement stigmatisée par cette directive « le nombre de couples français qui se rendent à l’étranger en vue de don d’ovocytes (en particulier en Espagne) ne cesse d’augmenter ».La deuxième difficulté est d’imaginer les conséquences de l’application de cette directive. La fuite des couples vers l’étranger diminuerait-elle ? Plus qu’improbable car tout comme les frontières n’ont pas empêché le passage du nuage de Tchernobyl, Internet et ses dizaines de sites et forum consacrés à ce sujet permettront l’accès des couples à une information dont on peut dans beaucoup de cas discuter la qualité et l’objectivité. N’est-ce-pas alors l’interdiction de « transmettre aux patients une information sur les cliniques ou organismes étrangers qui pratiquent des AMP avec don de gamètes » qui devient condamnable ? En d’autres termes est-il préférable que les patients s’en remettent à Internet plutôt qu’à leur gynécologue ? Rappelons que le médecin qui transmet l’information est moralement responsable vis-à-vis de ses patients, notion trop souvent oubliée. Il connait les résultats des équipes par les réunions et articles internationaux ainsi que la qualité de l’accueil qui leur est réservé y compris linguistique. Si l’on veut bien admettre d’une part que les couples ne quittent pas notre territoire de gaieté de cœur, mais bien par carence de notre système et que d’autre part les médecins souhaitent avant tout être utiles aux couples qui leur font confiance, alors on ne peut être qu’atterré par le contenu anti-déontologique de cette directive.

 

Bonne lecture

Docteur Roger Roulier

Ancien Directeur de l’Institut de Médecine de la Reproduction à Marseille

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 10:31

A mon tour, je relaie cet article paru dans le Monde par le sage Dr Frydman. A l'heure de la progression de l'infertilité, à l'heure de ces débats "stériles" sur la PMA pour tous, il serait temps d'écouter les gens qui savent de quoi ils parlent. Et de réflechir à un plan PMA pour la France, qui, peut-être pionnière en un temps, a bien reculé sur ces questions tant médicalement qu'humainement.

 

 

Un plan pour la procréation médicalement assistée

LE MONDE | 11.01.2013 à 15h20 • Mis à jour le 11.01.2013

 

Par René Frydman, médecin, chef du service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction, hôpital Antoine-Béclère, à Clamart (Hauts-de-Seine)

 

Les parlementaires vont bientôt se positionner sur le mariage pour tous. Certains voudraient que les femmes célibataires et les homosexuelles en couple aient accès à la procréation médicalement assistée (PMA).

 

En posant cette hypothèse, il ne faudrait pas que l'arbre cache la forêt et que les insuffisances et les incohérences de la pratique de la PMA dans notre pays soient passées sous silence.

 

LE NOMBRE DE PMA EN CONSTANTE AUGMENTATION

 

Quinze pour cent des couples en âge de procréer consultent pour infertilité. Le nombre de PMA en France est en constante augmentation et va atteindre 70 000 tentatives par an : la création du Comité consultatif national d'éthique, les débats, les trois lois successives de bioéthique (1994, 2004, 2011) ainsi que la mise en place de l'Agence de biomédecine sont censés réguler cette activité.

 

Et pourtant les résultats ne sont pas à la hauteur de certains centres internationaux. Seule une femme sur cinq va accoucher après avoir bénéficié d'un prélèvement d'ovocytes en vue d'une PMA. Cette moyenne - faible (18 à 20 %) - traduit des anomalies ici ou là.

 

Mais l'absence de transparence des résultats centre par centre (à l'inverse des Etats-Unis ou de la Belgique, où ceux-ci sont disponibles sur Internet) crée une omerta dont pâtissent les couples, en manque d'information.

 

Constater des insuffisances devrait amener à deux types de mesures correctrices :

 

1. investir encore afin d'utiliser les normes de personnels et de matériels comparables à l'excellence de centres de référence. Trop de responsables administratifs, universitaires ou médicaux considèrent la médecine et la biologie de la reproduction comme une thématique secondaire ;

 

2. développer la recherche, seul facteur d'amélioration. Or l'interdiction de la recherche sur l'embryon érigée en dogme dans notre pays (avec des dérogations exceptionnelles) est un frein à l'innovation.

 

Cela aboutit par exemple à avoir interdit pendant plusieurs années aux équipes françaises de procéder à la congélation d'ovocytes par vitrification, les essais étant jugés assimilables à la recherche sur l'embryon qui doit être autorisée mais encadrée.

 

Les organismes de recherche (Inserm, CNRS) d'un Etat laïc doivent pouvoir nommer, identifier, promouvoir le thème du développement précoce humain.

 

La littérature scientifique internationale montre que l'analyse de la potentialité du développement de chaque embryon est en cours. Ailleurs, des études génétiques directes ou indirectes sont pratiquées dans cette perspective.

 

Etre empêché de rechercher le potentiel de développement ou les capacités d'implantation de chaque embryon revient à faire de la médecine en croisant les doigts ou en priant pour qu'il y ait grossesse. Ce qui aboutit à recommencer encore des tentatives de PMA infructueuses, proches de l'acharnement thérapeutique, au détriment des femmes et des couples.

 

La liste de nos carences et de nos incohérences ne s'arrête pas là. Près de 8 000 femmes françaises qui peuvent se le permettre passent les frontières pour bénéficier d'un don d'ovocyte impossible à réaliser dans notre pays.

 

LE DON D'OVOCYTE RÉMUNÉRÉ POUR LA DONNEUSE EST CONDAMNÉ

 

Peut-on rappeler cette incohérence : le don d'ovocyte rémunéré pour la donneuse est condamné en France au nom de la gratuité du don d'organe. Elle reçoit néanmoins le remboursement partiel de ses frais par la Sécurité sociale...

 

Plus grave : est-il supportable que des familles transmettrices de maladies génétiques graves et incurables attendent près de deux ans en région parisienne pour avoir accès à la PMA pour diagnostic pré-implantatoire afin d'éviter que leur enfant soit atteint ?

 

Pendant cette attente, de très nombreuses familles se découragent et tentent la survenue d'une grossesse spontanée. Certaines aboutiront à la naissance d'un enfant indemne mais la majorité de ces grossesses se termineront par une fausse couche, une interruption médicale de grossesse, ou pire, par la naissance d'un enfant atteint de l'anomalie génétique.

 

Est-ce de la bonne médecine que de limiter à quatre centres hospitaliers pour tout notre pays cette activité cadrée depuis douze ans ? Cette attente pour les familles est insupportable.

 

A-t-on informé les femmes concernant leur horloge biologique ovarienne qui les dessert de façon préjudiciable, de même que l'effet délétère du tabac, de la malnutrition, du stress ? Où sont les campagnes d'information alors que celles-ci existent pour dépister le cancer du côlon, du col de l'utérus ou du sein ?

 

Pourquoi ne pas dépister le statut de fertilité lié à l'âge ? Autour de 33-35 ans, une étude de la "réserve ovarienne" par une prise de sang et une échographie permettrait un état des lieux et éviterait de dire : "Je ne savais pas."

 

La constatation d'une infertilité progressive pourrait permettre à certaines femmes de reconsidérer leur projet de vie jusqu'à conserver leurs propres ovules si elles ne peuvent avoir un enfant avant 35 ans.

 

Certes l'efficacité de la congélation d'ovules est loin d'être totale et n'est pas la panacée. Mais aujourd'hui, selon la loi de 2011, une femme ne peut conserver ses propres ovocytes que si elle a un cancer ou si elle participe à un programme de don d'ovules.

 

Puisque l'on parle de l'autonomie des femmes, parlons donc de l'autoconservation des ovocytes et de la prévention de l'infertilité que celle-ci autorise.

 

On le voit, il y a nécessité à réformer le dispositif et à proposer un cadre cohérent, performant, pour toutes les PMA que l'on prend en charge depuis trente ans. Alors, faut-il esquiver la demande des femmes seules ou homosexuelles en couple ?

 

Non, mais en ouvrant l'accès de la PMA aux femmes célibataires, aux couples de femmes, on ne fera pas l'économie d'une interrogation sur l'anonymat du don. L'enfant d'un couple hétérosexuel ayant recours à un don de sperme anonyme a un père et une mère. Le père (non biologique) assume sa paternité, soutenu par l'arsenal législatif.

 

LES INSUFFISANCES, LES INCOHÉRENCES DE LA PMA

 

Dans le cas d'un don de sperme anonyme à un couple de femmes, ne serait-il pas souhaitable que l'enfant puisse avoir accès à ses origines et que celles-ci ne lui soient pas gommées puisqu'il n'aura pas d'autres référents masculins tout en sachant qu'il est issu de la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule.

 

Ce qui serait valable ici le serait aussi pour les couples hétérosexuels. Restera à évaluer l'impact de ces mesures sur le délai d'attente, déjà de douze mois, et sur le recrutement de ces nouveaux donneurs non anonymes.

 

On le voit, les insuffisances, les incohérences de la PMA dans ses indications médicales persistent. Les questions sur la PMA d'indication sociétale sont importantes et ne peuvent être traitées à la va-vite à l'occasion d'un autre texte de loi qui ne l'aborde pas.

 

Ne serait-il pas plus judicieux de proposer un plan concernant la péri-conceptologie (la périnatalité à son tout début) sous tous ses aspects (information, prévention, excellence, recherche), ce qui permettrait à notre société de s'adapter à son évolution et au développement de la recherche scientifique, dans un cadre éthique qui garderait comme principe fondamental la non-commercialisation du corps humain.

 

Il y a déjà eu un plan cancer, un plan Alzheimer. A quand le plan PMA ? Ce serait une forme de respect pour celles et ceux qui y ont ou y auront recours.

 

René Frydman, médecin, chef du service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction, hôpital Antoine-Béclère, à Clamart (Hauts-de-Seine)

 

René Frydman, le père

 

du premier bébé-éprouvette français, a été membre du Comité consultatif national d'éthique,

 

de la Commission nationale consultative des droits

 

de l'homme et chargé de mission au ministère de la santé auprès de Bernard Kouchner

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