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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 09:38

La PMA abîme le couple, enfin les échecs en PMA. Mais quand l'un fête la fête des pères/mères et l'autre pas, comment rester unis, comment assumer, surmonter cette "différence" et rester deux quand l'un se sent si désespérement seul ?

 

Il y a quelques semaines, Mr A écrivait un article sur ce blog intitulé "la solitude des Pmettes, par Lui" et disait qu'il n'était pas facile pour eux, messieurs, de prouver, de montrer, qu'ils étaient là, qu'ils le voulaient autant cet enfant, parfois peut-être même plus pour certains, que celles qui endurent les traitements et le vivent dans leur corps.

Abyssale, insondable, non mesurable, cette solitude est, je crois, le quotidien de toutes celles qui passent par la PMA, même quand on est vraiment deux dans ce projet, dans ce désir d'enfant, même pour celles qui sont soutenues, accompagnées par leur compagnon dans le quotidien des traitements, des rendez-vous, des contraintes diverses et variées et c'est mon cas.

Mais aujourd'hui, la solitude de la PMette est immense, encore plus que les autres jours, encore plus que lors de ce jour de fête des mères qu'elle ne fête pas. Car aujourd'hui c'est la fête des pères et Mr A va la fêter, même si cela sera en coup de vent et avec, je pense, le coeur un peu lourd. Mais il n'empêche, aujourd'hui la PMette que je suis se sent trahie et terriblement seule avec cette perspective de ne jamais fêter ni fête des pères ni fête des mères avec celui qu'elle aime et un petit bout qui ne vient pour l'instant pas. Les "recalées du collier de nouilles" comme disait Barbidou mais il y a celles qui ne peuvent même pas partager, en tout cas pas avec la même force, violence et la mêm frustration, cette douleur, ce manque avec leur moitié. Quand on a commencé à envisager la PMA, et dès le début de notre histoire quand on a su que cela serait très compliqué d'avoir un enfant, et un peu plus tard, quand j'ai commencé à lire les blogs, c'était notamment pour trouver des traces, des témoignages de celles qui vivaient la même chose, à savoir PMA + présence d'un enfant de l'autre. Comment gérer cela, comment ne pas se laisser dépasser par le chagrin, les rancoeurs, les reproches ? Comment assumer ce qui n'est pas un choix et qui est même souvent un fardeau soyons honnête ! Car même si je tente de me consoler en me disant que, si on y arrive, cela sera pour nous deux, une première fois (Mr A a adopté), avec une grossesse, une naissance, des premiers mois, des ressemblances à chercher aussi (sous réserve que nous ne devions passer au don...) et puis surtout un enfant né de l'amour de deux personnes, il reste que cette différence est un poison insidieux et très violent certains jours dans le couple. Demain, dans un an ou 2, si le verdict est implacable et si la réussite n'est pas au bout de ce parcours infernal de la PMA, il ne sera pas possible de se construire vraiment une toute autre vie, sans enfants dans les pattes une semaine sur deux. ll reste qu'il y a des jours, comme cette p... de fête des pères de m... où l'on se sent très seule au bord du chemin, enfin plutôt au fond du fossé...

Je ne crois pas être la seule à très mal vivre cette situation, même si j'en connais peu qui la vivent. Une copine qui "entre en pma" prochainement me confiait que si cela ne marchait pas, elle envisageait de partir, changer de vie, vivre autre chose... seule ou en tout cas à longue distance et sans lien régulier. Est ce la solution pour moins souffrir, pour se protéger (un peu) ? Ce n'est pas ce que je souhaite et envisage en tout cas pour l'instant mais certains jours, c'est très dur, même si au départ, cela ne me posait pas de pb que Mr A ait un enfant adoptif. Je n'imaginais pas la violence de ce qu'on peut ressentir en PMA, pensant que l'amour permettait de tout surmonter à deux, mais j'ai très vite compris que cumuler PMA et cette différence au sein du couple est insidieux et dangereux. Comment ne pas en vouloir à l'autre de vivre, fut ce la moitié du temps et sans lien biologique, ce qu'on ne peut pas vivre ? Comment accepter les contraintes de la vie avec un enfant quand ce n'est pas le sien, comment ne pas se renfermer sur sa souffrance et sa propre vie de non-parent et ne pas s'éloigner ?

Je suis consciente que cela peut choquer certain(e)s d'écrire, de penser cela mais encore une fois, tout le monde s'accorde à dire que la PMA c'est dur et qu'une famille recomposée c'est dur, alors les 2 cumulés... Voilà ce témoignage très personnel et douloureux, si certain(e)s ont vécu, vivent cela de près ou de loin et veulent échanger sur ce sujet...Mais en tout cas, aujourd'hui est un jour de m... dans une vie de m... et où je voudrais être très loin...

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Published by 6cellules - dans Once upon a FIV
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commentaires

Marianne 25/06/2012 18:41

Je viens de découvrir ton article et je me retrouve dans cette souffrance de ne pas partager en couple ma "non-parentalité".
Mon mari est déjà père et deux fois grand-père....
Je n'ai pas à vivre comme toi une semaine sur deux avec un enfant, mais c'est très douloureux de voir mon mari avec sa petite-fille de 4 mois dans les bras...
Ton article m'a interpelée car tu as trouvé les mots justes. J'ai aussi parfois l'impression de "souffrir seule", et j'oublie que pour mon mari, le fait d'avoir déjà eu un enfant, n'enlève pas le
désir qu'il a de créer une nouvelle famille...
Ce qui me parait le plus insupportable, c'est qu'un jour je devrais peut-être faire le deuil d'avoir un bébé et que je devrais faire ce deuil seule.
Bon courage pour la suite...

6cellules 26/06/2012 09:09



Merci Marianne d'être venue ici dire que non, dans cette double galère, même si on se sent terriblement seules, on ne l'est pas tout à fait... Et oui, cette idée de deuil est terrible,
paralysante et asphyxiante... J'aimerais tant ne pas avoir à le faire et que tout s'apaise avec l'accomplissement de notre projet... je vais aller découvrir ton blog ! et je te dis à bientôt. Je
ne sais pas (encore) où tu en es et quelle est ta suite mais je te souhaite bon courage également... j'espère que cet été sera prolifique et plein de réussites... Bises Apo



Loosequeen 21/06/2012 12:04

Je ne peux que te dire que je te comprends, que c'est dur et surtout, totalement injuste.
Je veux simplement croire qu'un jour, Monsieur A et toi fêteraient la fête des pères et des mères avec un sourire aux lèvres et un bébé dans les bras.
Bisous ma belle.

6cellules 22/06/2012 19:41



Ne pas trop se projeter et rêver que la prochaine en 2013 soit ainsi mais je ne peux pas m'emp^cher d'y penser et d'en rêver... Bisous



Lulu 20/06/2012 13:45

Je réalise combien, en plus du parcours long et douloureux que constitue la PMA, tu peux souffrir au quotidien, dans ta vie de couple, de ne pas, toi, être mère.
Ton billet me fait réfléchir...
Je te souhaite bien du courage. J'ai quand même envie de te dire que je suis persuadée que tu trouveras les ressources nécessaires en toi pour avancer et vivre, au mieux, l'attente de l'arrivée de
bébé.
Et cette attente, je te la souhaite la plus courte possible.
Courage.

La fille aux cheveux de lin 18/06/2012 21:03

Très chère...Tu sais que je te comprends ô combien parfaitement...
Je crois que je ne l'accepterai jamais pour ma part, cette différence, et d'imaginer que moi je ne sois jamais mère m'engouffre dans un puits sans fond agrémenté d'une tristesse insondable.
C'est vraiment LA chose que je ne pourrais jamais bien vivre, jamais accepter, jamais passer au dessus: sa "déjà-paternité". Trop grand, trop lourd, trop douloureux.
Alors, je ferme les yeux, je me blinde comme je peux, je mets à distance. Au maximum à distance. C'est mon seul moyen de survie par rapport à ça et pour pouvoir vivre le reste "correctement", car
j'ai vu, j'ai expérimenté, j'ai essayé (essayé pas pu!) de cheminer, de travailler sur moi, sur cette realité, et non, ça veut pas, c'est pas possible, alors je m'autorise à ce que ça ne passe
jamais. Non, je ne l'accepterai jamais, quoi qu'on puisse en dire.

Alors ça fait peur, c'est vertigineux, c'est paralysant, quand je regarde cette réalité via le prisme du "et si pour moi c'était jamais?". Mais je crois que je me suis résignée à cette possibilité,
ainsi qu'au fait qu'elle puisse être probablement la fin de notre couple.
Et je me suis résignée aussi à ça...À ce que je puisse me séparer de celui que j'aime, non pas manque d'amour, mais par survie encore une fois. Pour sauver ma peau. Pour quitter une vallée de
larmes.

6cellules 19/06/2012 09:55



Je sais, je sais... Nos premières discussions à ce sujet m'ont permis de me dire que je n'étais pas seule dans cette galère... Moi, j'appelle ça la "double peine", celle de ne pas avoir d'enfant
ET de devoir faire avec la présence et les contraintes d'un, et si l'avenir reste sombre, celle de devoir renoncer à un enfant ET peut-être à son amour... Et c'est terrible et cruel. Je te
réponds par mail pour la suite, j'espère que tu n'auras pas à concrétiser ce que tu envisages et que cette bouffée d'air prochainement te fera du bien, à toi, parce que forcément dans ces moments
là, on n'a pas d'autre choix que de penser à sauver sa peau. Apo



Nana 18/06/2012 09:45

Je ne connais pas ta situation, mais tu décris tellement bien tes maux par des mots que je tente de l'imaginer. Sincèrement, je ne sais pas si j'y arriverai moi...Je te souhaite sincèrement de
pouvoir, un jour, offrir à ton compagnon une nouvelle fête des pères...Bises

6cellules 19/06/2012 09:51



Je ne sais pas si j'y arriverai quand il n'y aura plus l'espoir que nous arrivions à réaliser notre rêve... J'espère oui qu'un jour nous pourrons fêter ces "fêtes" en étant heureux et libérés de
ce lourd poids... Je suis triste pour toi, courage. Bises Apo



Kaymet 17/06/2012 15:56

Je ne vis pas ta situation, et du coup ne peut ressentir la douleur aussi profondément, mais je l'imagine et comprends que ce jour doit être une vraie souffrance (pourquoi serait-ce choquant
d'ailleurs?) - je voulais juste passer te faire un gros câlin virtuel de soutien.

6cellules 19/06/2012 09:48



Merci pour le câlin virtuel, j'en ai bien besoin les jours comme ça où comme disait Daho "et mon humeur est down down down"...


Choquant ? parce que certaines personnes "bien intentionnées" ne comprennent pas comment je ne peux pas voir comme meeeeeeeeeerveilleux de vivre à proximité (en parallèle ?) avec une enfant avec
qui je ne partage rien ou pas grand chose à part le quotidien (qui parfois n'est pas désagréable, ne noircissons pas trop le tableau !) et te balancent gentiment que tu n'as qu'à créer un lien
avec cet enfant et que cela compensera ! Ben voyons ! Mais merci de comprendre, toi, et vous toutes, que les enfants des autres ne peuvent pas remplacer, jamais, en aucun cas, l'enfant qu'on veut
avec la personne qu'on aime et l'enfant qu'on aimera de cet amour inconditionnel qui parait-il fait que c'est la plus belle merveille du monde... Apo



Bellebretagne 17/06/2012 14:12

Je ne connais pas ta situation mais en tant que nullipare entourée de nièces et neveux (3 chacun pour mon frère et ma soeur) ... je sais ce que c'est de ne fêter que la fête de son papa et sa
maman, alors qu'on a plus de 30 ans et personne pour nous souhaiter la notre.
gros bibis

6cellules 19/06/2012 09:41



Les épisodes neveux/nièces et enfants des amis sont venus il y a longtemps (c'est ça d'être quarantenaire, au moins je ne subis pas la vague des naissances chez les autres!) alors que ce n'était
pas douloureux comme je n'en avais pas envie alors et qu'il n'y avait pas Mr A dans ma vie. Mais maintenant forcément, je me dis que j'ai peut être loupé un épisode et que je vais peut être le
regretter amèrement... Merci d'être là en tout cas et j'espère que ton TEC et ce transfert sur cycle naturel changera la donne et te privera de voile quelques mois, et na ! Bisou, je m'en viens
voir ton océan demain, j'ai hâte et ta belle région (et re en juillet) !!!!



Barbidou 17/06/2012 13:04

Ma belle,
Je comprends tes mots, ta douleur ....
Je veux juste t'envoyer des mots de soutien, du réconfort.
Garde espoir ma belle ...
Bisous

6cellules 19/06/2012 09:37



Je sais il faut garder espoir et ne pas sombrer dans "l'angoisse d'anticipation" du pire... Mais bon sang, le meilleur c'est pour quand ??? Ton exemple donne espoir aussi et ton soutien réchauffe
un peu ces sombres pensées, merci ! Apo



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  • A & A, 40 ans et des poussières, trouver, un peu tard, l'amour de sa vie et avoir envie d'un enfant. Mais un cancer il y a 10 ans et distilbène in utero... Se battre contre l'adversité, s'essouffler, s'aimer en espérant le meilleur...

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